Les propos de chacun n'engagent que lui ! ..................................................... Pour revenir au forum, cliquer à droite :
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  
Partagez | 
 

 De chair et de sang, oser l'aventure spirituelle!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
leveytan

avatar

Nombre de messages : 168
Age : 58
Date d'inscription : 06/09/2006

MessageSujet: Re: De chair et de sang, oser l'aventure spirituelle!   05.04.08 22:52

Cette question du ghetto m'a accompagné plusieurs mois.

C'est bien évident qu'il ne s'agit pas de faire un ghetto... un de plus!

Il s'agit plutôt à la fois d'être vrai avec soi-même et avec les autres, d'un lieu où l'on puisse se dire sans peur d'être juger, d'un lieu ouvert... et donc d'un lieu de réconciliation entre homos et hétéros... c'est bien évident, parce que l'on n'en a jamais fini de se réconcilier: hommes, femmes, parents, enfants, chrétiens, juifs, etc.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://combatdejacob.blogspot.com
fab_smart



Nombre de messages : 48
Age : 58
Date d'inscription : 08/08/2007

MessageSujet: Re: De chair et de sang, oser l'aventure spirituelle!   11.09.07 1:44

qu'est ce que c'est que ce ghetto ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.fabsmart18e.citegay.org
Corentin

avatar

Nombre de messages : 4
Age : 61
Date d'inscription : 25/05/2007

MessageSujet: Re: De chair et de sang, oser l'aventure spirituelle!   06.09.07 17:02

Il en est des hommes et des femmes marqués en leur chair par l'homosexualité comme des hommes et des femmes marqués en leur chair par l'hétérosexualité. Ils sont nombreux et ... divers.
Pour ceux et celles qui entendent un appel de Dieu à vivre une vie religieuse et qui désirent y répondre, il y a deux solutions, ou bien ils se formattent au moule des exigences de telle ou telle communauté religieuse ou monastique, ou bien on leur dit qu'ils ne sont pas faits pour cette vie là.

Que reste-il de leur appel pour eux ??? Mystère !!!

La vie religieuse et monastique est régie par des règles et des voeux de chasteté, pauvreté et obéissance, perfections vers lesquelles tendre. Cependant, comme le rappelle Régis, à trop vouloir faire l'ange, on finit par faire la bête.

La vie religieuse ou monastique, homos – hétéros, même combat ??? Encore un débat ouvert ...

La différence, s'il y en a une, ne viendrait-elle que du voeux de chasteté ? Car c'est bien de cela dont il s'agit.

Tout le monde est donc d'accord sur le fait que chasteté n'égale pas continence, et qu'elle se vit selon les différents états de vie.
Car chose nouvelle depuis un petite cinquantaine d'année, des célibataires, des couples (mariés), des familles, des consacré(e)s, des clercs, peuvent vivre une vie religieuse « sous le même toît » au sein de ce qu'on appelle les communautés nouvelles.

Mais jusqu'à ce jour, le couple pacsé n'y est pas encore invité.

Car de fait, si un couple marié choisit la chasteté (fidélité dans la vie conjugale) en entrant dans ce type de vie religieuse, il faudrait permettre aux couples pacsés la même chasteté et non pas leur imposer la continence.
Mais ... Ne rêvons pas !!! Ce n'est pas pour tout de suite.

Autre question, autre piste de débat ... La personne homosexuelle serait-elle plus faible dans une vie de chasteté et/ou de continence sexuelle qu'une personne hétérosexuelle ? En d'autres termes, un homo chaste et/ou continent, cela existe t-il ? Et pour un hétéro chaste et continent, qu'en est-il ?

Où se cachent-ils les pharisiens des temps modernes ?

C'est là où la proposition de Régis prend toute sa place. Une voie médiane, un nouveau chemin à ouvrir.
L'esprit de l'Evangile me semble être un chemin d'aventure et d'aventuriers, toujours prêts à accueillir l'inconnu de Dieu. Il (Dieu) se laisse trouver pour qui le cherche, mais on ne pourra jamais mettre la main sur Lui. Qui veut avancer avec Lui s'engage forcément sur un terrain d'aventure. La sclérose ne peut exister en Dieu. Et cela vaut surtout pour les hommes d'église.

A partir de là, la question de Régis de savoir comment mener de front les exigences de la vie religieuse perd un peu de son intérêt, car si on fait de l'Amour (Eros, Philae, Agapè), la seule exigence fondamentale, et non toute sorte de règles toutes humaines de pouvoir, alors il n'y a plus d'incompatibilité.

A ce sujet, il faut lire le beau texte de tradition orientale orthodoxe pour voir combien éros et vie spirituelle sont intrinsèquement liés ( Cf. Eros et mystique, Père Alphonse Goettmann, article paru dans Le Chemin, no. 46, 2000) Pour ceux que ça interresse, je peux envoyer

Aime et fais ce que tu veux, nous rappelle St Augustin.
Car il faudra bien revenir au centre de la vie et de la vie évangélique, l'amour, la charité, la miséricorde. Tout le reste est secondaire.
Au soir de la vie, nous dit St Jean de la Croix, nous serons jugés sur l'amour :
C'est le poids d'amour que j'aurais mis dans le moindre petit geste, dans la moindre petite pensée, dans le regard porté sur l'autre, dans le geste d'amitié, d'affection, de tendresse, c'est ce que j'aurais donné et non pas pris, qui fera la différence lorsque je me présenterai devant le Bon Dieu avec mes mains bien vides de mes oeuvres, mais bien remplies de sa grâce et de ses miséricordes.

L'amour et la charité demeurent donc les seules exigences et radicalités possibles et interressantes à mon sens, dans tout état de vie, célibataire, marié, consacré, clerc, pacsé.

Régis a quelques idées en tête qu'il nous dévoilera sûrement un jour, Lev propose une voie médiane entre interdit et promesse et le projet de petite fraternité de vie semi-communautaire, Yves témoigne de la Communion Béthanie, communauté d'Alliance contemplative.
Peu se sont lancés dans ce débat. Moi-même j'y arrive bien tard.

Les revendications gays actuelles pour « copier-coller » le mariage hétéro, la famille hétéro, etc. ... me laissent perplexes, alors qu'avec nos sensibilités, nous devrions pouvoir ouvrir de nouvelles formes de vie où l'amour, l'amitié, la sexualité, la vie, et la vie spirituelle auraient toute leur place.
Et pour celui qui entend l'appel de Dieu à une vie consacrée (sous quelque forme que ce soit), il nous faut aussi avoir l'audace et le courage de ne pas forcément faire un copier-coller de ce qui s'est fait jusqu'alors.

Alors, je me surprends à rêver à une petite fraternité spirituelle, de type résidentiel ou non, sorte de grande famille où cohabiteraient ensemble sous forme d'un petit village, couples, familles et célibataires de tout poil, homos et hétéros, riches et pauvres, noirs et blancs jaunes et rouges, avec des structures très souples, une légèreté de « règles », de type plus convivial, sans les lourdeurs d'une vie rigide et réglée comme une partition de musique, un projet commun ouvert sur le monde et la prière, quelque chose de simple et beau à la fois, et surtout exempte de toute tentation de pouvoir et de manipulation, un lieu plus ouvert à l'Être qu'au Faire : Un réel climat familial baigné de tendresse et d'amour, sans aucune prétention à vouloir prouver ou montrer quoi que ce soit, sinon qu'il est doux de vivre ensemble en frères ( et soeurs). Dans tous les cas une fraternité certainement sans imprimatur, mais sûrement prophétique.

L'idée de Lev, un centre oecuménique pour la paix, dans l'esprit d'Assise, me séduit bien ...

I have a dream, disait Marthin Luther King. A sa suite, et de manière plus universelle, je fais mémoire de son rêve..
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://anotherdaylight.wordpress.com
Yves
Admin
avatar

Nombre de messages : 281
Age : 63
Date d'inscription : 03/12/2005

MessageSujet: Re: De chair et de sang, oser l'aventure spirituelle!   19.07.07 22:01

Question vaste... passionnante... nous sommes sûrement nombreux à nous être posé ce genre de question et, si ce n'est celui d'une vocation monastique, du moins celui d'une vie sacerdotale ou religieuse.

Certains qui nous lisent y sont peut-être engagés...

Les chemins sont si divers et si personnels que je souhaite que ce sujet ne soit pas seulement un échange d'opinions, mais surtout un partage de témoignages... Comme le dit justement Régis, "les chemins que l'on invente sont aussi chemins pour les autres..."

Leveytan, tu nous a témoigné de ton chemin, il est riche. Celui qu'a pris la Communion Béthanie http://communionbethanie.blogspirit.com/ m'en paraît être un autre fort intéressant aussi, comme "Communauté d'Alliance, contemplative, au service des personnes homosensibles et transgenres", avec un fort accent sur l'intercession.

Quel que soit nos chemins personnels, à travers monts et vallées, il reste une certitude : l'appel de l'Esprit s'adresse à tous les coeurs, bien au-delà de leur situation de vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
leveytan

avatar

Nombre de messages : 168
Age : 58
Date d'inscription : 06/09/2006

MessageSujet: De chair et de sang, oser l'aventure spirituelle!   19.07.07 12:59

Régis et moi-même souhaitons proposer les idées de nos deux textes au débat de tous. J'ouvre donc un nouveau fil qui reprend les deux textes: jocolor

Régis (8 juillet 2007): Bon, allez, je me lance dans le débat bien que je le rejoigne après de nombreux épisodes!!!
Mais le débat est passionnant autant qu'il est passionné!
Ce n'est pas rien en effet car il aborde deux questions fondamentales: celle de l'aspiration spirituelle la plus totale et celle des aspirations de la chair. Alors que penser? Il y a deux possibilités: la première consiste à dire que les deux aspirations sont antagonistes et que l'une - la première - doit triompher de l'autre. Mais c'est un peu la formule "qui veut faire l'ange fait la bête", car c'est nier la nature humaine qui est la nôtre. La seconde envisage la possibilité de concilier ce qui semble a priori inconciliable: peut-on avoir une haute exigence spirituelle et être homo, voire vivre son homosexualité en couple? L'avantage de la première c'est qu'elle est claire et trace une voie toute tracée mais une voie volontariste qui peut nous faire beaucoup de mal malgré les meilleures intentions du monde. L'avantage de la seconde c'est qu'elle ouvre une voie non tracée, une voie qu'il nous faut tracer nous-même avec l'aide de Dieu, mais c'est l'aventure! Là aussi les risques existent et il ne faut pas les nier, mais la vie d'un chrétien est celle qui va vers l'aventure et la quête. Quête pour soi mais aussi quête pour les autres, car les chemins que l'on invente sont aussi chemins pour les autres. Aucune expérience n'est que pour soi.

Tout cela pose en fait une VRAIE question, et c'est peut-être vers cette autre question que je souhaiterais orienter le débat, puisque débat il y a. Je constate depuis longtemps déjà que beaucoup d'homos ont ou ont eu des aspirations religieuses voire monastiques. Que beaucoup y ont renoncé et souvent le regrettent. En même temps, ils savent qu'ils n'auraient pas tenu le coup dans une communauté monastique. Du coup, ils vivotent dans une existence qui ne leur convient pas complètement en regrettant ce qui ne leur aurait pas convenu...
N'y a-t-il pas de voie médiane? N'y a-t-il précisément pas là une voie à tracer, un chemin à ouvrir?
Je pense qu'il y a dans les interrogations de Fred matière à méditer pour nous tous. Fred pose une vraie bonne question. Le tout est de tenter d'y apporter une réponse qui ne rejette pas dos à dos les opinions.
Comment mener de front les exigences de la vie religieuse dans notre vie quotidienne d'hommes et de femmes marqués en notre chair par l'homosexualité?
L'Eglise ne propose rien. A nous de savoir inventer!!!
J'ai bien quelques idées en tête, mais c'est je crois l'enjeu de ce forum de discuter et d'échanger.
Quelles raisons poussent beaucoup d'entre nous à vouloir vivre une vie religieuse? Comment adapter ces désirs à nos vies?
Cela promet de riches discussions...


Lev (17 juillet 2007): Voilà, dans ce qui suit, je souhaite réagir à ce qu’a écrit ici il y a quelques jours Régis.
Tout d’abord, quelques mots personnels de présentation : j’ai vécu sept ans en France dans une communauté nouvelle qui se trouvait à l’intersection de pas mal de courants spirituels contemporains : les Focolarini, Taizé, le Renouveau charismatique (du moins dans sa version œcuménique) et d’autres comme … la tradition monastique du Bec Helluin. Ce furent parmi les plus belles années de ma vie – l’amour de ma jeunesse, si vous voulez. Une vraie exigence de vie évangélique vécue en petits groupes, une ouverture à l’enseignement de l’Eglise et de ses pasteurs sans commencer à le couper en morceaux ou à en faire le tri, l’expérience que ce n’était pas écrasant mais que pris comme référence, cela permettait au contraire de se construire ou de se reconstruire… C’est là que la question de mon orientation sexuelle m’a été posée, comme exigence d’être vrai avec moi-même et avec les autres. C’est là que j’ai avancé confiant sur le chemin d’un célibat consacré – l’office de la consécration des vierges pour ceux qui connaissent, le petit schème des orientaux. Depuis je porte une alliance qui m’a été remise par l’évêque en prononçant ces mots : Vis dans la joie en aimant comme le Christ a aimé ! Puis il y a eu des difficultés dans cette communauté et je suis venu (monté) en Israël poursuivre ma route… de consacré.

Avec un ami, nous avons démarré une maison de rencontres qui œuvre au dialogue entre Juifs et Chrétiens dans les environs de Jérusalem. J’ai poursuivi mon chemin académique et universitaire. C’est là qu’un amour inattendu est venu bouleverser ma vie. J’y ai reconnu la main de Dieu, l’accomplissement de sa promesse, la certitude que je ne m’étais pas trompé dans ma jeunesse en le suivant… Je suis (je devrais dire nous, mais je dis « je » car, d’une part, cela venait plus de mon fait que de celui de mon compagnon et, d’autre part, parce que depuis nous nous sommes séparés), je suis donc parti interroger mon « ordinaire » dans l’Eglise comme, également, ceux au discernement desquels j’avais l’habitude de soumettre ma vie. C’est là que j’ai entendu une double réponse – d’abord, qu’il était important que la maison que nous montions ne soit pas la reproduction d’un monastère au sens classique du terme (sinon quel intérêt) mais que nous fassions preuve de plus d’imagination créatrice et par ailleurs de prêter attention au fait que de nombreux pères du désert avaient commencé leur vie ascétique à deux dans une grotte, sans qu’il soit dit ce qu’ils y avaient ou n’y avaient pas vécu si ce n’est qu’ils y menèrent le « bon combat », c'est-à-dire celui de l’Evangile. A la même époque (c’était le moment ou avaient lieu au parlement les débats sur ce qui deviendra le PACS), j’ai eu un échange épistolaire avec le président de la conférence épiscopale française. Dans cet échange, j’exprimais mon étonnement que jamais une parole n’était adressée aux personnes concernées et je proposais qu’entre Lévitique 20, 12 et Matthieu 18, 20, entre un interdit (« tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme ») et une promesse (« quand deux, ou trois, sont réunis en mon nom, Je suis au milieu d’eux »), il y a de quoi construire une vie spirituelle pour des homos chrétiens. Cela l’avait beaucoup touché, nous devions nous voir, il est mort sans que cela ait pu se faire.

Aujourd’hui, j’ai la charge de cette maison près de Jérusalem (ou, je vis avec mon fils – 3ans) et je cherche à en faire un centre de rencontres œcuméniques pour la Paix, dans l’esprit d’Assise. J’aimerais qu’il soit animé par une fraternité de vie semi-communautaire, de style « laure » ou chacun – ou à deux – tout en ayant son autonomie de logement et de vie, participe(nt) à l’œuvre commune en termes d’animation du lieu mais aussi de prière et peut-être de certains repas. Cette maison est structurellement rattachée à un monastère bénédictin. Personnellement, j’ai choisis d’être oblat de ce monastère parce que je pense que c’est ce qu’il fallait faire pour le bon développement de la maison – œuvre un peu d’avant-garde dans le dialogue interreligieux, cela me semble important d’être entés sur une tradition éprouvée tant d’un point de vue spirituel qu’ecclésial – mais aussi parce que mon désir profond est de laisser unifier mon cœur (et ma vie) à l’écoute de la Parole de Dieu. La tradition de Saint Benoît qui considère le monastère comme une école de l’amour, m’a semblé appropriée.

Un lieu existe, des intuitions aussi qui nous ont portées – le rejet de tout racisme et de tout antisémitisme ; la renonciation à « convertir l’autre » ; une ouverture à la tradition de chacun et notamment, pour nous chrétiens, à la tradition juive comme essentielle pour la compréhension de notre propre foi ; la confiance aux étonnantes possibilités qui naissent de la rencontre, de l’amitié, entre des personnes de cultures ou de religions différentes. Toujours nous nous étions dis à la suite du psaume : « aux solitaires (aux individus), il a donné une maison ». Cherchant à (re)construire cette maison plus proche de ce que je suis (ouverture au monde de l’art, au monde universitaire), j’y vois aussi un défi pour moi (pour nous) en tant que gay catho… cela fait-il écho à certains d’entre vous ?

Vous l’aurez compris, ce n’est pas que de mon propre fait que j’écris ces lignes.

A vous lire…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://combatdejacob.blogspot.com
 
De chair et de sang, oser l'aventure spirituelle!
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Kurso, Dijonnais de coeur, de chair et de sang
» "le sang des vikings"
» Le don du sang de cordon
» Bleu énorme suite à prise de sang
» PERTE DE SANG

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: VIE SPIRITUELLE / PRIERE-
Sauter vers: