Les propos de chacun n'engagent que lui ! ..................................................... Pour revenir au forum, cliquer à droite :
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  
Partagez | 
 

 Pentecôte

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Didyme

avatar

Nombre de messages : 17
Age : 45
Date d'inscription : 15/12/2005

MessageSujet: Pentecôte   04.06.06 9:19

Voici qu'aujourd'hui l'Esprit repose sur l'Eglise naissante et la féconde. L'Eglise... vaste sujet de discussions, source de ressentiments...

Sommes-nous de la trempe d'un Maurice Zundel, malmené par l'Eglise mais qui écrit :

"Jésus est l'Eglise, l'Eglise est Jésus. Mais, puisque nous ne pouvons pas saisir immédiatement le Christ, je veux dire le saisir par les yeux, Le saisir par les oreilles, Le saisir par les mains, comme Il est totalement invisible dans l'Eglise, si Jésus est l'Eglise, il faut donc dire que l'Eglise est un sacrement et, en effet, l'Eglise est un sacrement, elle est tout entière sacrement : dans les personnes, le pape, les évêques, les prêtres, les confirmés, les baptisés. (...)".

Comment a-t-il pu faire pour écrire ce genre de choses en 1959, alors qu'il vient tout juste d'être réhabilité par l'Eglise Suisse, alors qu'il a dû passer une partie de sa vie en exil ? Comment, nous homosexuels qui nous sentons parfois mal-aimés par elle, pouvons-nous écrire ces mêmes lignes ? Où puiser pour aimer l'Eglise ?

"L'Eglise s'est donc Jésus dans un organisme social lié à Lui par le collège et la succession apostolique, organisme social qui perpétue Sa Parole et Sa Grâce dans l'unité d'un seul corps. Et, parce que l'Eglise est un sacrement, qu'elle est tout entière sacrement, l'Eglise est tout entière un mystère de foi. On ne peut l'entendre, on ne peut la reconnaître, on ne peut y vivre que dans l'intimité du Seigneur. Si on n'est pas ouvert sur cette intimité, l'Eglise est un écran, un obstacle et la pire des idolâtries. Mais justement, parce qu'elle est un sacrement, elle exige de nous continuellement cette nouvelle insertion de nous-même par la foi et par l'amour dans l'intimité de Jésus.

Nous prendrons conscience, d'ailleurs, du caractère sacramentel de l'Eglise si nous nous rappelons ces deux affirmations qui sont admises couramment par les Chrétiens, dont la première est que les sacrements, je veux dire les rites sacrés qui nous communiquent la grâce, ne dépendent pas de la dignité du prêtre. Tout le monde admet que le prêtre qui célèbre la messe n'est pas plus près du Christ, ne communie pas davantage à Sa Présence que la bonne femme illettrée qui communie de sa main si elle aime autant que lui, et que celle-ci au contraire communie davantage à la Présence du Seigneur si elle est plus sainte que lui.

Car le prêtre pour son propre compte, est un fidèle comme tous les autres, il n'est prêtre que pour les autres et, pour sa propre conduite, il est un fidèle comme les autres. Il n'a accès à l'Eucharistie, comme les plus simples et les plus illettrés, que par la foi et par l'amour. Davantage, son propre sacerdoce, il ne le connaît que par la foi : le prêtre lui-même est un sacrement, un signe vivant appelé à communiquer et à signifier la Présence de Jésus et il n'est rien d'autre. (...)

Le pape, de nouveau, et les évêques dans le concile, le pape dans sa vie propre est un simple fidèle : il est pape pour les autres et non pour lui : il est sacrement. (...)

Il ne faut donc pas, il ne faut jamais voir l'Eglise du dehors comme un gouvernement, la voir du dehors comme une règle, la voir du dehors comme une loi. L'Eglise est toujours, partout, en tout, un sacrement. Et on ne peut tirer de ce sacrement un sens chrétien qu'en replaçant tous les mots, toutes les décisions dans la lumière de l'intimité de Jésus Christ. Qu'est-ce que le Christ veut nous dire par là ? C'est lui finalement l'unique, l'unique commentateur de l'Evangile, des conciles, de la liturgie et des sacrements, puisque c'est Lui finalement qui est au centre et au coeur de tout cela, puisque tout cela n'a pour but que d'établir un contact entre Lui et nous, en nous rassemblant tous dans la communion de Son Amour.

D'ailleurs, cette mission de l'Eglise, qui s'accomplit toujours par la démission, elle est une mission confiée à tous. Dans l'Eglise, il y a différentes fonctions, mais il n'y a qu'une seule mission. Tous les membres de l'Eglise, tous, ont la même mission, tous, de représenter Jésus et de communiquer Sa Présence. C'est pourquoi nous sommes tous, tous envoyés, car toute grâce est une mission, toute grâce est communiquée pour le monde entier à travers nous. Nous sommes tous envoyés autant que le pape, autant que les évêques, autant que les prêtres, tous envoyés, tous vicaires du Christ, autant que le pape, mais autrement, dans une autre fonction.

Car Jésus, qui est dans le pape comme sacrement de l'unité dans la vérité - et ce sacrement est indispensable -, est aussi réellement dans le mendiant, dans le lépreux auquel François donne ce baiser, qui est sa première rencontre avec Jésus.

Et Jésus est autant dans le petit enfant sur lequel se penche sa mère, pendant son sommeil, ce petit enfant qui est le sacrement de l'enfance éternelle, et Jésus est autant dans ce travailleur qui est le sacrement de l'ouvrier de Nazareth. Et Jésus est autant dans ce malade et dans cet infirme qui est le sacrement du Christ souffrant. Et, si j'ai toute raison de m'agenouiller devant le pape sacrement d'unité, j'ai la même raison de m'agenouiller devant le mendiant au sortir de Saint-Pierre, qui est le sacrement de sa pauvreté. (...)

L'Eglise donc, finalement, c'est chacun de nous, c'est chacun de nous ; chacun de nous est à sa manière toute l'Eglise, chargé autant que le pape, autant que les évêques, autant que les prêtres, chargé de toute l'Eglise, chargé de toute l'humanité, chargé de toute l'Histoire, chargé de tout l'univers. Être catholique, n'est-ce pas par identité être universel ? (...) Quel visage peut faire reconnaître l'Eglise sinon le visage de Jésus Christ. Et justement, pour être l'Eglise, pour être ce sacrement transparent qui ne limite plus, qui conduit chacun dans le silence de son intimité à l'intimité du Seigneur, pour être ce sacrement diaphane et libérateur, il faut être le visage même de Jésus Christ.

Depuis l'Ascension, Jésus devenu invisible, ne peut avoir d'autre visage que le nôtre. C'est à travers notre visage que les hommes d'aujourd'hui sont appelés à rencontrer Jésus Christ. (...)

Saint Augustin a dit ce mot magnifique qu'il adressait à son peuple : "Ecoutez, mes frères, disait-il, entendez, mes frères, entendez bien, nous n'avons pas été faits chrétiens, nous avons été faits Christ". Car justement l'Eglise, c'est Jésus, et si nous sommes l'Eglise, si nous portons les livrées de l'Eglise, si nous sommes l'Eglise, c'est pour être Jésus.

Nous voulons écouter ce mot pour enraciner dans notre âme le mystère de l'Eglise et pour le vivre dans toute son ampleur, dans toute sa liberté, dans toute son intériorité, dans tout son silence, dans toute sa solitude ouverte au monde entier. "Ecoutez, mes frères, écoutez : nous n'avons pas seulement été faits chrétiens, nous avons été faits Christ".


Et encore je ne vous ai pas tout mis : il y a un morceau sur l'infaillibilité pontificale qui risquerait d'en faire bondir plus d'un. Mais vous pouvez le lire sur mon blog si le coeur vous en dit...

Bonne Fête de Pentecôte ! Que l'Esprit nous apprenne à aimer l'Eglise et à ne pas nous décourager dans notre amour !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.didyme.be/blog
 
Pentecôte
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 1966 : les Martyrs de la Pentecôte
» Pentecôte 2016
» période du vendredi 25 au lundi 28 mai 2012 ( Pentecôte)
» Organisation d'une cousinade
» Bon Vendredi

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: VIE SPIRITUELLE / PRIERE-
Sauter vers: